Association de sauvegarde du patrimoine
Un lieu chargé d'histoire
Le Moulin de Bondon est l'ancien moulin banal du Seigneur de Roquefeuil (Seigneur du château d'Algue). Le plus ancien document à notre connaissance concernant le Moulin de Bondon date des calendes d'août 1309 (archives de l'Aveyron). Il s'agit d'un accord entre le seigneur de Roquefeuil et Guilhaume Gali, meunier du Bondon, renouvelant le contrat en cours sur le partage des revenus de la production et engageant le meunier à trouver un endroit plus proche du pont de Saint Jean pour y établir un autre moulin.
A l'origine, trois meules mues par une chute de cinq mètres pouvaient avoir un rendement de quinze quintaux de froment par jour. Un moulin à huile (noix) et un foulon étaient annexés. En 1830 on y déroulait les cocons de vers à soie. En 1900 on y tissait le chanvre pour la fabrication de draps.
Une scierie permettait d'y fabriquer des comportes (baquet de bois servant au transport des raisins de vendange).
Un incendie entre 1904 et 1908 a détruit les ateliers. Seul subsistait jusqu’après la dernière guerre la partie centrale des bâtiments du moulin où fonctionnait l’usine électrique.
Du moulin à présent il ne reste pas grand chose. Il a été rasé lorsqu’il fut acheté par une colonie de vacances de la région parisienne. Les vestiges du premier niveau sont encore visibles.

Les vestiges
La Dourbie, depuis sa source jusqu'au Moulin de Bondon, parcoure 25 km.
De la chaussée (barrage) du moulin de Bondon, il ne reste que l'ancrage de la rive droite et le canal d'amenée d'eau, fondateur du droit d'eau du Moulin de Bondon.
Au-dessus de la chaussée de la Rougerie existait une zone de débordement. Au fil des temps et par négligence, s’est accumulée une végétation qui a provoqué un atterrissement obligeant la Dourbie à couper le terrain en période de crue, alors qu’auparavant elle le recouvrait simplement et temporairement.
Ces eaux regorgeaient de truites qui remontaient naturellement la rivière alors même que la rivière était équipée de plusieurs "chaussées" servant à la fois pour l'irrigation et pour la régulation du débit durant les épisodes de crues. Aujourd'hui les truites se font rares, leur territoire étant conquis par d'autres espèces...


Le canal d'amenée
Sur ce béal (canal), on peut voir encore les éléments suivants:
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un déversoir taillé dans la roche;
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la vanne d'ouverture;
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un déversoir de sécurité;
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une dérivation pour un canal d'irrigation secondaire;
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le départ d'un canal d'irrigation couvert
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une pièce de rétention d'eau
L'eau arrivait dans ce réservoir profond qui assure la hauteur de chute, en bas duquel il y a trois sorties qui actionnaient autrefois les meules horizontales.
Ce canal et cette pièce de rétention, antérieurs à 1789, fondent le droit d'eau imprescriptible.

La passerelle
Une passerelle reliait les deux rives qui permettait de livrer le grain sans avoir à passer par Saint-Jean-du-Bruel.
Les vestiges d'un gué taillé dans la roche sur la rive droite laissent supposer qu'autrefois le chemin traversait la Dourbie au-dessus de la chaussée de la Rougerie et rejoignait le chemin de service qui existe de la Rougerie jusqu'aux vestiges en amont de la chaussée du Moulin de Bondon. Cette passerelle avait déjà disparue au moment de l'élaboration du cadastre napoléonien.
La chaussée de la Rougerie permettait l'irrigation des champs rive droite par le béal grâce en particulier à une muse, encore visible, actionnée par un cheval ou un mulet.
Le béal qui alimentait le moulin rive gauche continuait sous le chemin du moulin Bondon pour irriguer les champs du Viala. Entre ce béal et la rivière il y avait en continu un pré sur lequel venaient les troupeaux depuis le hameau. Un mur partait depuis le moulin tout au long de la rivière et bordait ce prés.
On peut encore situer le départ du béal d'irrigation pour le Viala.

